May 9, 2017

Fluoration de l’eau potable : le débat se poursuit en Ontario

Trouvailles Médiatiques Spéciales 300 x 300Par: CBC Radio-Canada, Publié le lundi 2 mai 2016 à 5 h 27 | Mis à jour le 2 mai 2016 à 8 h 04 – L’Ontario est la province avec le plus grand nombre d’usines d’eau potable dans lesquelles du fluorure est ajouté. Trois Ontariens sur quatre ont accès à de l’eau fluorée.

Un texte de Caroline Bourdua

Mais cela n’empêche pas que le débat reste présent dans la province. Windsor, notamment, a cessé la fluoration de l’eau il y a quelques années, North Bay a évoqué cette possibilité cet automne et un groupe de Peel s’adresse aux tribunaux pour tenter de mettre fin à l’ajout de fluorure dans le système d’eau de la municipalité.

Distribution des rôles

Ni le gouvernement fédéral ni les provinces n’ont de loi qui oblige l’ajout de fluorure dans l’eau du robinet. Santé Canada collabore avec les provinces et les territoires pour veiller à maintenir la qualité de l’eau potable et à l’améliorer.

Canadien Fluoration Par Province - Source faculté de médecinde dentaire, U. de Toronto 2007

Les provinces et territoires règlementent la qualité de l’eau potable. En Ontario, la Loi sur la fluoration donne aux municipalités le choix d’ajouter ou non du fluorure à leur réseau public d’alimentation en eau potable.

La loi est assortie de diverses conditions et scénarios pour permettre à ceux qui s’y opposent de faire valoir leur opinion.

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Pour ou contre la fluoration de l’eau potable?

Le fluorure est normalement présent dans l’environnement, mais selon des taux qui diffèrent. Il provient aussi de la fumée rejetée par les industries d’engrais phosphatés, d’aluminium et de produits chimiques.

Mais comme ce fluorure naturel est présent en quantités presques infimes, les services de santé publique sont d’avis que la fluoration de l’eau du robinet a un impact positif pour prévenir la carie dentaire.

D’un point de vue strictement scientifique, le fluorure est bénéfique ou ne l’est pas. « Quand ça dépasse une certaine concentration, c’est un contaminant », explique François Caron, professeur en environnement à l’Université Laurentienne de Sudbury.

Professeur à l'École de l'environnement de l'Université Laurentienne
François Caron, professeur à l’École de l’environnement de l’Université Laurentienne Photo : Louis Garon

Mais en respectant les normes de 0,7 mg/litre, établies par Santé Canada, et en tenant compte du fait que toute l’eau du robinet n’est pas directement consommée par l’être humain, la quantité de fluorure industriel absorbée pourrait être considérée comme minime.

« J’ai fait un calcul très grossier, et ça équivaut à un camion-citerne qui est déversé dans le système au fil d’une année. » – François Caron, Université Laurentienne

C’est sur cette question que les opinions divergent. Ce qui choque les groupes comme Canadiens opposés à la fluoration (COF) c’est notamment le fait que les autorités de santé publique minimisent des études qui, selon eux, prouvent que la fluoration industrielle peut avoir des conséquences médicales importantes.

« Le produit qu’on utilise dans les dentifrices ou les rince-bouches sont de qualité pharmaceutique, alors que les produits qu’on met dans l’eau sont de qualité industrielle. » – Gilles Parent, Canadians Opposed to Fluoridation ~ Canadiens Opposés à la Fluoration (COF-COF)

Gilles Parent qui milite pour les COF, affirme qu’il est illégal pour une ville d’ajouter des produits impropres à la consommation humaine dans l’eau potable : « Le problème c’est que l’on confond les fluorures de qualité pharmaceutiques, avec les produits de fluoration de l’eau », explique-­t-­il.

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La région de Peel devra se pencher sur la question

Le groupe Concerned Residents of Peel to End Water Fluoridation va plus loin : en raison de la fluoration de l’eau, il a déposé une poursuite en Cour supérieure de l’Ontario pour violation de la Charte des droits et libertés et de la Loi ontarienne de 2002 sur la salubrité de l’eau.

Mais le groupe fait face à plusieurs opposants.

« Nous ne pouvons permettre des poursuites frivoles et des études scientifiques bidons qui viendraient miner les bienfaits de la fluoration de l’eau. » – Bob Delaney, député de Mississauga-Streetsville

L’Ontario pourrait même devenir la première province à légiférer la fluoration dans les systèmes d’aqueduc municipaux.

Le député libéral de Mississauga-­Streetsville, Bob Delaney fait circuler une pétition et a déposé à la l’Assemblée législative ontarienne un projet de loi privé demandant que la fluoration de l’eau potable soit obligatoire dans tous les systèmes d’aqueduc municipaux : « Le niveau de carie dentaire dans une ville comme Windsor a augmenté significativement, après le retrait du fluorure de l’eau potable, » dit-­t-il.

Fluoration de l’eau du robinet : l’éternel débat

Pourquoi ne pas avoir légiféré plus tôt? Le député Delaney compare le débat à celui du tabac sur les terrasses. Les villes, souligne-­t-­il, ont adopté divers règlements et le ministère de la Santé et celui des Affaires municipales et du Logement ont fini par prendre le taureau par les cornes et ont adopté des directives communes pour l’ensemble du territoire ontarien. Il espère que le gouvernement Wynne légifèrera sur la fluoration de l’eau des aqueducs avant la fin de la présente session parlementaire.

http://ici.radio-canada.ca/regions/ontario/2016/05/02/001-fluoration-ontario-eau-potable-debat.shtml

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