March 27, 2017

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Exit le fluor, bienvenue la santé dentaire ! / Exit fluoride, welcome dental health !

Boris 2016 CaricatureRéal Boisvert, Gazette de la Mauricie, 5 janvier 2017 – Maintenant que la fluoration de l’eau à Trois-Rivières est chose du passé, revenons à l’essentiel. Intéressons-nous à la santé dentaire de tous les enfants de la région. Et rappelons-nous en même temps que la carie dentaire est probablement l’un des problèmes de santé les plus faciles à traiter.

Comme de fait, une très large proportion d’enfants de la région ne présente aucune carie. Sauf exception, il est vrai que ces enfants ont la chance d’appartenir à un milieu familial relativement aisé. En effet, la carie –et cette statistique n’a pas encore été démentie- évolue selon un profil épidémiologique voulant que 80 % des caries se retrouvent dans la bouche de 20 % des enfants les plus défavorisés, qui résident eux-mêmes dans les communautés locales les plus déshéritées de la Mauricie. La fluoration de l’eau avait donc pour seul objectif de prévenir la carie chez les enfants les plus pauvres et, détail non négligeable, à Trois-Rivières seulement. Cela en espérant que ceux-ci ingèrent effectivement leur dose quotidienne d’eau fluorée, nonobstant son inefficacité contre le tartre, la gingivite ou une carence vitaminique quelconque.

« 80 % des caries se retrouvent dans la bouche de 20 % des enfants les plus défavorisés »

La recette à la base de la santé dentaire passe par une alimentation correcte, une hygiène buccodentaire adéquate et une visite annuelle chez le dentiste. Si la santé publique est résolue dans sa volonté de combattre la carie chez les enfants les plus pauvres, il lui suffit de tabler sur ces axes d’intervention en les adaptant au contexte particulier des familles en situation de précarité socio-économique.

Au premier chef, il s’agirait d’inclure davantage de considérations relatives à la santé dentaire dans le domaine de la lutte contre l’insécurité alimentaire. Du même coup, il serait indiqué d’en faire autant en ce qui concerne les interventions propres à l’adoption de saines habitudes de vie, surtout que l’hygiène buccodentaire s’avère à la portée de tous, quitte à distribuer gratuitement des brosses à dents et du dentifrice dans les écoles les plus défavorisées. Ces deux mesures restent cependant insuffisantes en l’absence de l’amélioration significative des conditions de vie des enfants les plus démunis. La santé publique nous a toutefois démontré par le passé qu’elle agissait comme un acteur de premier plan en matière de développement collectif, en particulier en ce qui a trait à ses efforts visant l’amélioration de la capacité d’agir des individus et des communautés regroupés dans les premiers quartiers de nos villes. Dans cette mouvance, on retrouve un bassin de leaders et d’entrepreneurs sociaux aptes à soutenir une forte mobilisation citoyenne autour de l’importance d’offrir aux enfants les plus démunis une visite annuelle chez le dentiste. Au demeurant, les dentistes du réseau de la santé, si on se fie à l’opiniâtreté avec laquelle ils ont promu la fluoration, sont bien placés pour rappeler au ministre l’excellent rapport coûts-bénéfices d’une telle politique.

À moyen terme, en tant que vecteur de l’estime personnelle et de la confiance en soi, on sera surpris de voir à quel point un sourire complet et éclatant peut créer un effet positif sur la réussite scolaire des élèves les moins favorisés.

www.gazettemauricie.com/exit-fluor-bienvenue-sante-buccodentaire/

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Boris 2016 CaricatureRéal Boisvert, Gazette de la Mauricie, 5-Jan-2017 – Now that water fluoridation in Trois-Rivières is a thing of the past, let’s get back to the basics. Let’s look at the dental health of all the children in the area. Remember that tooth decay is probably one of the easiest health problems to treat.

As a matter of fact, a very large proportion of children in the region have no caries. Except, it is likely that these children have benefited by belonging to a relatively affluent family environment. Indeed, decay – and this statistic has not yet been denied – evolves according to an epidemiological profile that 80% of the cavities are found in the mouth of 20% of the most disadvantaged children, who themselves reside in the most deprived localities of the region of Mauricie. The only objective of water fluoridation was to prevent dental decay in the poorest children and, not surprisingly, in Three-Rivers only. This, while hoping people would ingest their daily dose of fluoridated water as being worthwhile, notwithstanding its ineffectiveness against tartar, gingivitis or any vitamin deficiency. After fluoridation, what about a mobilization for overall dental health? Now that fluoridation in Three-Rivers is a thing of the past, let’s return to the essentials. Let’s be concerned about dental health for all the children of the region. Let’s remember at the same time that dental decay is probably one of the easiest health problems to treat.

“80% of cavities are found in the mouth of 20% of the most disadvantaged children”

The basic recipe for dental health is a healthy diet, adequate oral hygiene and an annual visit to the dentist. If public health is resolved in its fight against caries among the poorest children, it is enough to rely on these methods of intervention by adapting them to the particular context of families carrying the most socioeconomic risk.

First and foremost, it would involve the inclusion of more dental considerations in the area of food insecurity. At the same time, it would be useful to look for interventions appropriate to the adoption of healthy lifestyles, especially since oral hygiene is available to everyone, especially if we freely distribute tooth brushes and toothpaste within the most disadvantaged schools. These two measures, however, remain insufficient in the absence of significant improvement in the living conditions of the poorest children. However, public health has demonstrated to us in the past that it has acted as a major player in community development, particularly in its efforts to improve the capacity of individuals and communities in the oldest/poorest neighbourhoods of our cities. In this movement, there is a pool of leaders and social entrepreneurs able to support a strong citizen mobilization around the importance of offering to the poorest children an annual visit to the dentist. In fact, dentists in the health care system, based on the perseverance with which they have promoted fluoridation, are already well-placed to remind the minister of the excellent cost-benefit ratio of such a policy.

In the meantime, as a vehicle for self-esteem and self-confidence, it will be interesting to see how a complete and brilliant smile can have a positive effect on the academic success of less privileged students.